Parsifal

Claudio Abbado
Tölzer Knabenchor, Damen des Arnold Schönberg Chors, Herren des Prager Philharmonischen Chors
Gustav Mahler Jugendorchester
Date/Location
27 August 2002
Kultur- und Kongresszentrum Luzern
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
AmfortasAlbert Dohmen
TiturelGwynne Howell
GurnemanzHans Tschammer
ParsifalRobert Gambill
KlingsorEike Wilm Schulte
KundryVioleta Urmana
GralsritterFranz Supper
Bernd Hoffmann
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Le Temps

La fascination «Parsifal» à Lucerne

Comment ne pas tomber amoureux? Depuis l’instant où elle pousse son premier «Parsifal» au début du deuxième acte, jusqu’à ce qu’elle crie la détresse de son personnage, de sa voix de prêtresse merveilleuse, Violeta Urmana a captivé mardi soir le public du Festival de Lucerne, dans lequel on a d’ailleurs reconnu Moritz Leuenberger et Tina Turner. Magnétisée, transportée par un charme étrange, la salle est restée bouche bée tout le long de la scène durant laquelle la méchante Kundry se transforme en l’image de la mère de Parsifal et tente de le séduire avec une habileté toute maternelle. Elle chante «Parsifal, toi simple et chaste… Que cherches-tu si ce n’est d’être instruit?» avant de lui offrir le baiser peu moral qu’elle devait réserver à son croisé d’époux, du temps de son vivant.

En effet, il y avait de quoi succomber aux charmes de la belle. Violeta Urmana fais partie d’un cénacle de chanteuses wagnériennes dont on peut compter les représentantes sur les doigts d’une main. A la fois douce et puissante, mordante et caressante, passionnée et disciplinée, les médiums qui s’envolent, les aigus qui s’élancent et les basses qui explosent: tout ça pour la très vilaine Kundry!

Pour le bon Parsifal par contre, pas d’extase particulière. Robert Gambill suit la bonne marche de la partition. Beau ténor, bonne voix, timbre agréable, mais malheureusement pas encore assez de tannin pour faire un Heldentenor historique. Pas assez de puissance non plus… mais tout ça peut venir encore, Robert Gambill est jeune. Les ténors wagnériens sont si rares qu’il vaut mieux ne pas en rater un, même si cela doit prendre du temps pour le former.

Le reste de la distribution était à tomber par terre. Titanesque Eike Wilm Schulte, walhallesque Albert Dohmen, et puissant Hans Tschammer. Il fallait certes s’attendre à pareille qualité. La présence de Claudio Abbado à la baguette laissait augurer des meilleures dispositions. Le chef a exploité ce qu’il y a de mieux dans le Gustav Mahler Jugendorchester: la jeunesse et le style. Son Parsifal, œuvre mystérieuse, la dernière du compositeur, est d’une douceur et d’un charme qui feraient rougir de honte tout détracteur de Wagner. La version concertante, c’est-à-dire sans mise en scène, n’était pas aussi pénible qu’on pouvait le croire (LT du 27 août 2002). Quelques mouvements de scène permettaient de suivre le déroulement de l’histoire et l’exploitation des possibilités acoustiques de la salle du KKL s’est révélée payante. Quatre heures d’un spectacle envoûtant.

Tristan Cerf | 29 août 2002

Rating
(6/10)
User Rating
(3/5)
Media Type/Label
Technical Specifications
192 kbit/s CBR, 44.1 kHz, 322 MByte (MP3)
Remarks
In-house recording of a concert performance from the Lucerne festival 2002