Der fliegende Holländer

Woldemar Nelsson
Choeur de Radio France
Orchestre National de France
Date/Location
19 December 2002
Théâtre des Champs-Elysées Paris
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
DalandHans Sotin
SentaElizabeth Whitehouse
ErikRobert Wörle
MaryBirgitta Svendén
Der Steuermann DalandsChristian Elsner
Der HolländerAlbert Dohmen
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Anaclase.com

On ne fait pas toujours ce que l’on veut ; ainsi Radio France s’était-elle promise de faire entendre ce soir l’opéra Die Gezeichneten (les stigmatisés) de Franz Schreker, une rareté, et dut y renoncer à peine deux semaines avant le concert, annonçant un Vaisseau Fantôme de remplacement. C’est à l’ukrainien Woldemar Nelsson qu’on a confié le chœur maison et l’Orchestre National de France pour défendre cet ouvrage. La lecture qu’il en proposa fut extrêmement fidèle, chaque indication de la partition s’y voyant scrupuleusement appliquée, au pied de la lettre.

Mais il est bien des choses qu’un compositeur n’écrit pas et qui se déduisent ou se comprennent d’elles-mêmes. Par exemple, si irréprochable que la conduite de ce chef nous ait semblé, il manquait la houle, la tempête, la force de la vague, le déchaînement des marées, tout ce qui précisément féconda l’imagination wagnérienne lors de sa traversée de la Baltique. Du coup, le mystère de la légende s’en trouve fort amoindri, et la jouissance que nous aurions pu rencontrée à cette version se voit limitée. Dans une précision si sèche, le moindre accroc prend une proportion choquante, telles de malencontreuses attaques par trop approximatives aux cors, faiblesse que ce pupitre accusait déjà dans l’exécution de la Cinquième de Chostakovitch lors du concert du 29 novembre au Châtelet. Il y a donc un petit effort à fournir de ce côté pour égaliser la qualité de l’orchestre. Le Chœur de Radio France n’hésita pas à prouver une fois de plus sa vaillance, bien qu’on put souffrir d’un fâcheux décalage, tant rythmique qu’harmonique, sur les fileuses (acte II).

Quel plaisir d’entendre un Vaisseau servi par de telles voix ! Dès les premières mesures, la salle est littéralement ravie par le savoir-faire des artistes de cette distribution. Le steuermann de Christian Elsner dose intelligemment les passages à voix et les phrases plus délicatement musicales, et ménage des aigus d’une grande douceur sans jamais détimbrer. Hans Sotin, en Daland, si sonore qu’il s’affiche toujours, ne nuance quasiment pas, et bien que le timbre reste somptueux, on lui pardonne guère de chanter presque chaque fois un chouïa sous la note. On le sait, c’est une tendance qui le gagna tout au long de sa carrière, et qui s’accentue de jour en jour, malheureusement.

Signalons la très belle Mary au timbre confortable, dans une articulation évidente, comme sans effort, de Birgitta Svendén, étonnamment naturelle. En revanche, la proposition d’un Erik systématiquement agressif tient peu la route, et nous désintéresse rapidement du personnage, doté d’un timbre tellement nasal qu’il saurait nous faire rire (Robert Wörle). Senta était incarnée par la soprano Elizabeth Whitehouse dont on apprécia autant la grande qualité du timbre que la projection irréprochable, bien qu’un peu maniérée, souvent en démonstration de joliesse, et indéniablement amoindrie par un problème de souffle assez gênant. Enfin, c’est Albert Dohmen qui campait un hollandais de rêve, menant ses phrases avec une maîtrise rare, et disant son texte dans une grande intelligibilité, nous en faisant partager les dangers et les états d’âmes. On espère bénéficier de prestations d’une telle classe plus souvent sur nos scènes.

Bertrand Bolognesi

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TOL
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Technical Specifications
128 kbit/s CBR, 44.1 kHz, 127 MByte (MP3)
Good sound but the music begins abruptly in the two first acts.
Remarks
Broadcast of a concert performance.