Der fliegende Holländer

Yannick Nézet-Séguin
Chœur du Nederlandse Opera
Orchestre Philharmonique de Rotterdam
Date/Location
18 September 2013
Théâtre des Champs-Elysées Paris
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
DalandFranz-Josef Selig
SentaEmma Vetter
ErikFrank van Aken
MaryAgnes Zwierko
Der Steuermann DalandsTorsten Hofmann
Der HolländerJewgeni Nikitin
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Poursuivant l’exploration du répertoire wagnérien en version de concert, le Théâtre des Champs-Élysées nous proposait de passer la soirée en compagnie du Hollandais volant et néanmoins maudit, avec ce Vaisseau fantôme servi par les forces de l’Orchestre philharmonique de Rotterdamemmenées par leur chef titulaire, le canadien Yannick Nézet-Séguin.

Dès la fameuse ouverture et sa bouillonnante tempête, nous eûmes un aperçu de ce que ce chef sait faire de mieux, car une fois de plus il se montra à son avantage dans les moments les plus vigoureux, énergiques et fondamentalement projetés vers l’avant. Tout l’acte I et sa virile distribution en profita largement, constamment porté par l’énergie irrésistible mis par le chef dans sa direction. Si l’orchestre répondit avec fougue, il fut parfois porté au-delà de ses limites, ce qui s’entendit ici ou là, chez les cors en particuliers. Après l’entracte, ménagé à la fin de l’acte I, et donc l’entrée des femmes dans la distribution, il nous sembla que l’adéquation du style du chef avec la teneur du discours musical qui avait bien fonctionné jusqu’ici atteignait ses limites. Non que les passages vigoureux aient perdu de leur impact, mais leurs pendants plus lyriques, subtils, jouant sur l’émotion, semblèrent plus banals, moins denses et habités. Ainsi la complainte de Senta nous parut un peu froidement accompagnée, l’orchestre n’étant plus assez porteur d’événements musicaux, laissant la primauté aux chanteurs. De même on aurait espéré plus de caractère dans l’accompagnement de la fête du début du troisième acte, jouée ici comme n’importe quel autre passage de l’œuvre, sans le pesante rustique que d’autres baguettes savaient insuffler à ce morceau. Par contre on rendra grâce au chef, surtout pour une version de concert avec orchestre sur scène et non dans la fosse, d’avoir remarquablement équilibré la puissance de son orchestre qui sut porter les chanteurs sans jamais les mettre en difficulté et encore moins les engloutir dans les flots wagnériens.

Ainsi on put profiter franchement de la distribution de haut niveau et très équilibrée qu’on nous proposait ce soir. Si la première scène montra un léger déséquilibre entre le Daland immédiatement expressif de Franz-Josef Selig, constant tout au long de la soirée, et le timonier cueilli à froid de Torsen Hoffman, un cran en-dessous du reste de la distribution, la suite allait être beaucoup mieux huilée. Visuellement, le hollandais maudit d’Evgeny Nikitin imposa une présence physique presque intimidante, optant pour une posture quasi hiératique, en parfait accord avec son interprétation vocale, impressionnante dès sa première intervention. Quelques fêlures et léger défauts apparurent néanmoins assez vite, pouvant gêner les oreilles chatouilleuses, sans pour autant pénaliser la construction et l’évolution du personnage au long de l’ouvrage. Côté distribution féminine la Senta superbement chantante et lyrique d’Emma Vetter convint aisément dans ce personnage perdu entre songe et réalité, tout autant que, dans un rôle tout opposé en caractère comme en durée, Agnes Zwierko composa une impeccable Mary. Tiraillé entre tout ça, le personnage d’Erik campé avec une belle énergie vocale par Frank van Aken compléta admirablement le tableau. Cette soirée avait donc de beaux atouts, principalement une direction d’orchestre vivante et dynamique, des chœurs excellents, une distribution homogène, de haut niveau et de belle santé vocale. De quoi faire passer une bonne soirée aux spectateurs qui n’avaient pas complètement rempli la salle ce soir. Toutefois cette direction brossait impeccablement dans le sens du poil certains passages et un peu moins voire beaucoup moins d’autres qui se trouvèrent ainsi en déficit de caractère, ce qui empêcha nos oreilles pinailleuses d’être totalement conquises, mail il faut bien laisser à ce jeune chef des marges de progression.

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128 kbit/s CBR, 44.1 kHz, 127 MByte (MP3)
Remarks
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