Lohengrin

Philippe Jordan
Chœurs et Orchestre de l’Opéra National de Paris
Date/Location
18 January 2017
Opéra Bastille Paris
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
Heinrich der VoglerRené Pape
LohengrinJonas Kaufmann
Elsa von BrabantMartina Serafin
Friedrich von TelramudTomasz Konieczny
OrtrudEvelyn Herlitzius
Der Heerrufer des KönigsEgils Silins
Vier brabantische EdleHyun-Jong Roh
Cyrille Lovighi
Laurent Laberdesque
Julien Joguet
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Wiener Zeitung

Tenor Jonas Kaufmann begeisterte bei Comeback in Paris

Heroisch und romantisch: Startenor Jonas Kaufmann hat mit seinem Gesang wieder das Publikum begeistert. Bei seinem Comeback in der Opéra Bastille war der 47-Jährige in Hochform. Mit seiner Traumstimme in der Wagner-Oper “Lohengrin” begeisterte er am Mittwochabend das ausverkaufte Opernhaus in Paris. Der Applaus schlug in Jubel um, als Kaufmann am Schluss alleine auf die Bühne trat.

Krankheitsbedingt hatte der gebürtige Münchner seit mehreren Monaten Auftritte in Deutschland und im Ausland abgesagt, darunter auch seine Teilnahme an der Eröffnung der Elbphilharmonie in Hamburg vergangene Woche. Seinem Comeback wurde in Paris nicht nur deshalb mit Spannung entgegengefiebert. Denn auch in der französischen Hauptstadt hatte man ihn schon im Oktober in der Oper “Hoffmanns Erzählungen” von Jacques Offenbach vergeblich erwartet.

In seiner Entschuldigung an das Pariser Theaterhaus ging Kaufmann erstmals näher auf den Grund seiner Absagen ein: Nebeneffekte eines Medikaments hätten dazu geführt, dass eine kleine Ader auf seinen Stimmbändern geplatzt sei. Er müsse deshalb so lange aufhören zu singen, bis dieses Hämatom völlig beseitigt sei, um nicht mehr rückgängig zu machende Beschädigungen zu vermeiden.

Der Wagner-, Verdi- und Puccini-Interpret gilt neben dem Peruaner Juan Diego Flórez als bester Tenor der Welt – und ist so viel gefragt wie kaum ein Sänger. Er müsse etwas auf die Bremse treten, sagte der Klassikstar schon Anfang vergangenen Jahres in einem Interview. Er müsse seine Stimme schützen. Bereits im Oktober und November 2015 hatte er eine längere Krankheitsphase.

In Paris präsentierte sich Kaufmann vor rund 2.700 Zuschauern in der Titelrolle des Lohengrin wieder in Hochform. Er spielte ohne überzogene Theatralik und sang voller zarter und vollblütiger Wärme. Paris hat die von Franz Liszt im Jahr 1850 in Weimar uraufgeführte Oper mit einem Traumcasting besetzt. Denn neben Kaufmann traten unter anderem die überragenden Sopranistinnen Martina Serafin aus Österreich und die Deutsche Evelyn Herlitzius auf.

Einige Buhrufe bekam die Inszenierung des deutschen Theaterregisseurs Claus Guth, die 2012 an der Mailänder Scala Weltpremiere feierte. Die romantische Oper unter der musikalischen Leitung von Philippe Jordan steht in Paris bis zum 18. Februar auf dem Programm.

fls | 9.01.2017

forumopera.com

Jonas Kaufmann, le chevalier phénix

Pauvre Theodor Adorno, qui, dans ses Essais sur la musique, visait expressément l’épure du Nouveau Bayreuth en insistant sur tout ce que Lohengrin doit à son cygne : « un Lohengrin dans lequel le cygne est remplacé par un faisceau lumineux s’attaque à ce sur quoi repose l’ensemble de l’opéra, si bien que ce dernier devient lui-même superflu ». S’il avait su qu’en dépit d’une prestigieuse postérité, marquée par le Parsifal-Kabuki de Harry Kupfer avec sa Kundry transformée en geisha et le Tristan de terre et de feu signé Peter Sellars et Bill Viola, l’esthétique décantée et hiératique de Wieland Wagner serait renvoyée au rang de souvenirs par des metteurs en scène attachés à une incarnation théâtrale plus organique, il aurait sans doute été rassuré. Mais juste le temps de s’apercevoir que ce retour de manivelle dramaturgique ne marquait pas pour autant une réhabilitation de toute l’imagerie wagnérienne traditionnelle. Voyez Chéreau, son Ring pétri de matérialisme historique, son Tristan presque dynamique, comme ils ont pu transformer la compréhension d’œuvres qu’on ne pouvait croire acceptables que nimbées de lumières bleutées, ou au contraire encombrées de sous-bois touffus, de casques étincelants et parées de barbes hirsutes. C’est que les opéras de Richard Wagner ne sont pas des messes exigeant, soit les respectueux artifices d’une illustration littérale, soit le tamis rigoureux d’un décorum elliptique. C’est que le héros wagnérien n’a pas la pureté de l’idéal ; il a, comme chez Mozart, comme chez Strauss, comme chez Verdi, les contours flous de l’humain.

Pas de cygne, donc, sinon par allusions, dans ce Lohengrin présenté une première fois par Claus Guth à la Scala de Milan en 2012, et repris ces jours-ci à l’Opéra de Paris. Et pas d’armure, pour un Lohengrin dont l’héroïsme ne semble pas avoir de réalité ailleurs que dans l’imagination du choeur. Apparition de dos en position fœtale, allure juvénile et démarche sautillante, cet enfant sauvage ressemble moins au héros dont rêve Elsa qu’au jeune frère dont les souvenirs la hantent. Pas de cygne, pas d’armure… et pas de châteaux. Dans un intérieur d’une bourgeoisie austère, Telramund et Ortrud règnent en maîtres – mais en maîtres de maison, lui, aristocrate désoeuvré porté sur le cigare et la bouteille, elle marâtre tyrannique. Et quand on quitte enfin ce cadre étouffant, au troisième acte, c’est pour retourner sur les lieux du drame initial, dans les marécages où Elsa est accusée d’avoir perdu son frère. Alors, pas de cygne, mais une cohérence certaine, tirée à quatre épingles par une direction d’acteurs qui n’oublie jamais d’être naturelle quand elle se veut révélatrice, et portée par d’ambitieux moyens : les corps de bâtiment rappelleront aux amoureux de Vienne le Semperdepot, et on tremble en songeant au nombre de jerricans qu’il a fallu vider pour créer la rivière (qu’on espère chauffée…) où Lohengrin et Elsa achèvent de se déchirer.

Pas de cygne, mais peut-être un phénix, où Jonas Kaufmann, après quatre mois d’un retrait forcé, réalise enfin le retour si longtemps promis et tant de fois reporté. Le timbre, le phrasé, la diction ne trompent pas : c’est bien lui, en forme mais prudent, qui sollicite l’aigu avec parcimonie, dose sagement la puissance, renonce par avance aux coups d’éclat. On commence à se dire que ce soir, le ténor cherche sans doute à rassurer, y compris lui-même, et que les prises de risque attendront encore un peu. Et puis, vient le dernier acte. Dans le « In fernem Land » le plus lent jamais osé, Kaufmann fait ce que lui seul sait faire : dérouler lentement le fil d’une ligne de chant ineffable, déployer les mille ressources du souffle, parer le discours de nuances inouïes. Alors on saisit que ce Lohengrin refusant tout héroïsme, ce n’était pas du confort ; Kaufmann n’est pas fragile par pusillanimité, il est fragile par nécessité, pour rendre plus vrai que nature, et plus touchant que jamais, ce Lohengrin-Peter Pan, enfermé dans son corps d’enfant perdu. Au final, bien sûr, c’est un triomphe, et le chanteur, poing fermé, savoure la victoire.

Mais les triomphes, en ce soir de première, sont répartis : triomphe déjà pour le chœur, si sollicité dans cet opéra, et si abouti dans le grandiose finale du deuxième acte. Triomphe aussi pour Evelyn Helitzius, Ortrud déchaînée, à la fois machiavélique et instinctive, froide et bouillonnante, qui ne fait qu’une bouchée de sa grande confrontation avec Elsa et ne paraît presque pas éprouvée dans les affres de ses imprécations finales. Si Tomasz Konieczny est sa victime, c’est alors une victime consentante ; habitué des méchants wagnériens, le baryton utilise intelligemment les bizarreries d’une émission hétérogène pour composer un Telramund brutal et violent, impulsif et guerrier. Somptueux de timbre mais pas exempt de quelques soucis d’intonations, le roi de René Pape partage avec le héraut d’Egils Silins le louable souci de rendre présents des personnages trop souvent négligés. Quant à Martina Serafin, elle a les indéniables atouts d’un instrument solide et d’une diction irréprochable, mais son Elsa, bien plus femme que jeune fille, ressemblerait presque à une Maréchale.

Dans la fosse, Philippe Jordan montre en Lohengrin les qualités et les défauts de son Ring : son sens de l’architecture et des plans sonores le conduit à stratifier son orchestre plutôt qu’à l’unifier, à produire du détail au lieu de forger une sonorité. Un Wagner dégraissé n’a certes rien d’illégitime ; mais même sans cygne, il peut garder tout son charme.

Clément Taillia | 18 Janvier 2017

Die Zeit

Startenor Jonas Kaufmann wieder in Topform

Comeback in Paris

Heroisch und romantisch: Startenor Jonas Kaufmann hat mit seinem Gesang wieder das Publikum begeistert. Bei seinem Comeback in der Opéra Bastille war der 47-Jährige in Hochform. Mit seiner Traumstimme in der Wagner-Oper “Lohengrin” begeisterte er am Mittwochabend das ausverkaufte Opernhaus in Paris. Der Applaus schlug in Jubel um, als Kaufmann am Schluss alleine auf die Bühne trat. Krankheitsbedingt hatte der gebürtige Münchner seit mehreren Monaten Auftritte in Deutschland und im Ausland abgesagt, darunter auch seine Teilnahme an der Eröffnung der Elbphilharmonie in Hamburg vergangene Woche. Seinem Comeback wurde in Paris nicht nur deshalb mit Spannung entgegengefiebert. Denn auch in der französischen Hauptstadt hatte man ihn schon im Oktober in der Oper “Hoffmanns Erzählungen” von Jacques Offenbach vergeblich erwartet. In seiner Entschuldigung an das Pariser Theaterhaus ging Kaufmann erstmals näher auf den Grund seiner Absagen ein: Nebeneffekte eines Medikaments hätten dazu geführt, dass eine kleine Ader auf seinen Stimmbändern geplatzt sei. Er müsse deshalb so lange aufhören zu singen, bis dieses Hämatom völlig beseitigt sei, um nicht mehr rückgängig zu machende Beschädigungen zu vermeiden. Der Wagner-, Verdi- und Puccini-Interpret gilt neben dem Peruaner Juan Diego Flórez als bester Tenor der Welt – und ist so viel gefragt wie kaum ein Sänger. Er müsse etwas auf die Bremse treten, sagte der Klassik-Star schon Anfang vergangenen Jahres in einem Interview. Er müsse seine Stimme schützen. Bereits im Oktober und November 2015 hatte er eine längere Krankheitsphase. In Paris präsentierte sich Kaufmann vor rund 2700 Zuschauern in der Titelrolle des Lohengrin wieder in Hochform. Er spielte ohne überzogene Theatralik und sang voller zarter und vollblütiger Wärme. Paris hat die von Franz Liszt im Jahr 1850 in Weimar uraufgeführte Oper mit einem Traumcasting besetzt. Denn neben Kaufmann traten unter anderem die überragenden Sopranistinnen Martina Serafin aus Österreich und die Deutsche Evelyn Herlitzius auf. Einige Buhrufe bekam die Inszenierung des deutschen Theaterregisseurs Claus Guth, die 2012 an der Mailänder Scala Weltpremiere feierte. Die romantische Oper unter der musikalischen Leitung von Philippe Jordan steht in Paris bis zum 18. Februar auf dem Programm.

dpa | 19. Januar 2017

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Technical Specifications
167 kbit/s VBR, 44.1 kHz, 250 MByte (MP3)
Remarks
In-house recording
A production by Claus Guth (2012, Milano)