Parsifal

Valery Gergiev
New York Metropolitan Opera Chorus and Orchestra
Date/Location
12 April 2003
Metropolitan Opera New York
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
AmfortasFalk Struckmann
TiturelEric Halfvarson
GurnemanzRené Pape
ParsifalPlácido Domingo
KlingsorNikolai Putilin
KundryVioleta Urmana
GralsritterEric Cutler
Richard Vernon
Gallery
Reviews
New York Times

Domingo: Vocal Sips Of Youth’s Fountain

From 1979 until Friday night, James Levine maintained a monopoly at the Metropolitan Opera on conducting ”Parsifal,” Wagner’s time-stands-still masterpiece. You can understand why. The only criticism sometimes leveled at his rapt and poignant performances was that, for some, his spacious tempos were too slow.

This season Mr. Levine has relinquished the work to Valery Gergiev. After Mr. Gergiev’s hellbent recent Met performances of Verdi’s ”Otello,” the expectation was that he would lop 20 minutes or so off Mr. Levine’s average timing. Word came that during rehearsals Mr. Gergiev’s tempos were if anything slower. But when ”Parsifal” returned to the repertory on Friday, Mr. Gergiev’s timing, as clocked by Met officials, was comparable to Mr. Levine’s.

This time out Mr. Gergiev achieved much better results with the Met musicians, who have openly griped about his idiosyncratic technique and mercurial ways. In whole spans of this mystical Wagner opera about the spiritual crisis of the Knights of the Grail in medieval Spain and the innocent fool of a youth who winds up healing them, Mr. Gergiev captured the music’s pulseless, shimmering radiance. There were wondrous moments: the fluttering nervousness in the orchestra when Parsifal kills a swan with his bow and arrow; the subdued seductiveness of the waltzing music for the Flower Maidens at the palace of the sorcerer Klingsor; the aching beauty of the expansive string theme when the ageless, accursed Kundry, finding salvation at last, bathes Parsifal’s feet at a holy spring.

Yet the playing was at times curiously unsettled. Even the dotted-note rhythm of the sacred march in the Hall of the Grail was inconsistently executed by sections of the orchestra. In the opening prelude Mr. Gergiev took daring pauses between the three phrases of the chorale theme. But there was dead space in the silences, not a taut sense of expectation.

The Met assembled about as strong a cast as could be hoped for today. Plácido Domingo sang Parsifal, one of his signature roles, and his vocal longevity at 62 continues to amaze. He was vocally secure and, if anything, more profound. That graying tenor didn’t even try to look like a callow young man. Still, in his firm stance and nimble movements he utterly embodied this character, from the bafflement on his face when he first witnesses the sacred rite to the serenity that sets in as he understands his destiny and, most of all, through his husky-toned, energetic and multishaded singing.

The soprano Violeta Urmana brought cool intensity and dramatic urgency to Kundry. The sturdy baritone Falk Struckman conveyed the pitiable anguish of Amfortas, the ailing king whose moral lapses, he abjectly believes, have caused the crises within the brotherhood. The baritone Nikolai Putilin was a menacingly nasal-toned Klingsor.

Singing his first Met performances in the role of the steadfast knight Gurnemanz, René Pape was a revelation. It is hard to imagine how this German bass, already a noble artist at 38, can mature much more. His refined yet stentorian singing demonstrated that there need not be a dichotomy between crisp diction and legato phrasing.

As always with Mr. Gergiev, the unevenness of his work may get straightened out during the remaining performances, through April 18.

ANTHONY TOMMASINI | APRIL 7, 2003

forumopera.com

Parsi-fâlot

“Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur” : ce trait d’esprit de Montesquieu pourrait bien trouver à s’appliquer à Valery Gergiev, qui, une fois n’est pas coutume, remplaçait James Levine à la direction du Bühnenweihfestspiel wagnérien. Cinq heures et demie : c’est en effet, avec les entractes, le temps qu’il aura fallu, samedi après-midi au Met, pour arriver à bout de la dernière oeuvre du maître de Bayreuth. Cinq heures trente, cela peut dans certains cas se révéler trop court si le maestro parvient à dégager du début jusqu’à la fin la substantifique moelle de cette oeuvre sublime : pensons seulement au souffle quasi mystique qui parcourt au disque la légendaire version Knappertbusch de 1952… Hélas, rien de tout cela sous la direction du très médiatique maestro russe, qui a plutôt eu tendance à rallier protagonistes du drame et spectateurs à l’unisson des gémissements de Kundry : “Schlafen, schlafen” ! Le prélude donnait déjà une bonne idée de ce qui allait suivre : tempi comme écartelés, procédant par bouts de phrases juxtaposées plutôt que subordonnées à une claire vision d’ensemble, le tout dicté par des gestes parkinsoniens improbables faisant penser à Jean-Paul II donnant sa bénédiction urbi et orbi (histoire de nous rappeler sans doute que Parsifal est une oeuvre d’inspiration religieuse). Dans ces conditions, l’acte II, censé être un immense moment d’intensité dramatique, prend des airs singuliers de conversation de salon (thé et petits gâteaux en moins) où poses forcées, regards inquiets sur les postes de contrôle et manque de chaleur évident de la part de Plácido Domingo et Violeta Urmana cachent mal un certain malaise à ne pas pouvoir donner libre cours à leur talent.

Les chanteurs sont toutefois dans l’ensemble loin de démériter : à l’exception de Nicolai Putilin, qui compose un Klingsor visiblement plus terrifié que terrifiant, et d’un chevalier du Graal (dont nous tairons le nom par charité toute parsifalienne), à l’accent allemand encore plus exotique que le Ténorissimo, le reste de la distribution est de très grande classe : René Pape, qui abordait ici le rôle du bavard Gurnemanz, réussit une fois de plus une prestation exceptionnelle et vole du même coup la vedette à Domingo à l’applaudimètre : ses interventions pleines de noblesse, d’autorité et d’émotion feraient presque regretter que Gergiev n’adopte pas des tempi encore plus lents afin que l’on puisse se délecter de ses longs monologues à l’acte I ! Falk Struckmann incarne un Amfortas émouvant, à la voix puissante, tirant davantage du côté du poète maudit, dépressif et monomaniaque que du roi mourant. Violeta Urmana a pour elle une tessiture large et impressionnante, qui lui permet un bel exercice de funambulisme vocal dans l’acte II, mais son engagement dramatique demeure très en deçà de celui de Waltraud Meier, qui avait signé le rôle dans la captation DVD de cette production aux côtés d’un vaillant Siegfried Jerusalem : c’est un peu en vain qu’on cherche chez elle la femme maudite, la séductrice puis la mystique. Quant à Plácido, il chante davantage Plácido que Parsifal, mais à soixante-deux ans, ce n’est déjà pas si mal : si l’aigu, un peu mat, plafonne vite, le ténor espagnol arrive toutefois à convaincre que dans le rôle du Reine Tor à la tessiture centrale il a encore de beaux restes vocaux et une intelligence scénique intéressante à faire valoir.

La mise en scène néo-classique d’Otto Schenk, elle, passe mieux sur scène qu’en vidéo : certes, il y a toujours toutes les petites kitscheries made in Met (les petites marguerites sur la colline de Montsalvat à l’acte III pour figurer le printemps sont un chef d’oeuvre du genre), mais les couleurs et lumières, bien étudiées pour créer autour de cet opéra un côté sombre et dramatique, se révèlent particulièrement efficaces. La scène des filles-fleurs en particulier, d’une luxuriance mortifère, est visuellement très réussie.

Rémi Bourdot | NEW-YORK 12/04/03

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Media Type/Label
PO
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Technical Specifications
128 kbit/s CBR, 44.1 kHz, 237 MByte (MP3)
Remarks
Matinee broadcast
A production by Otto Schenk (1991)