Tannhäuser

Seiji Ozawa
Maîtrise des Hauts-de-Seine
Choeur d’enfants de l’Opéra National de Paris
Choeur et Orchestre de l’Opéra National de Paris
Date/Location
9/12 December 2007
Opéra Bastille Paris
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
HermannFranz-Josef Selig
TannhäuserStephen Gould
Wolfram von EschenbachMatthias Görne
Walther von der VogelweideMichael König
BiterolfRalf Lukas
Heinrich der SchreiberAndreas Conrad
Reinmar von ZweterWojtek Smilek
ElisabethEva-Maria Westbroek
VenusBéatrice Uria-Monzon
Ein junger Hirt?
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Reviews
Neue Zürcher Zeitung

Bilderlos wirkungsvoll Wagners «Tannhäuser» in der Pariser Opéra Bastille

Wagners «Tannhäuser» in der Pariser Opéra Bastille

Das Nebeneinander hätte spannend werden können: im Palais Garnier Händels «Alcina» in der Inszenierung Robert Carsens von 1999 (mit der überragenden Vesselina Kasarova als Ruggiero), in der Opéra Bastille, ebenfalls in Carsons Regie, Richard Wagners «Tannhäuser». Alcina (die darstellerisch fulminante, stimmlich jedoch problematische Emma Bell) ist eine direkte Ahnin der Venus. Beide locken sie Männer in ihr Reich, beide müssen sie den Geliebten ziehen lassen. Das Reich der Zauberin Alcina ist bei Carsen und Tobias Hoheisel (Ausstattung) ein klassizistischer Raum von erlesener Ästhetik mit Ausblick in einen üppigen grünen Paradiesgarten. Wie haben sich die beiden wohl den Venusberg und die Wartburg ausgedacht? An der Premiere war es nicht zu erfahren, «Tannhäuser» wurde zwar aufgeführt, aber wegen des nun schon seit Wochen andauernden Streiks eines Teils der Bühnentechniker ohne Dekorationen, bloss in Kostümen. Und da Constance Hoffmanns Kleider farblich dezent und von modernem Schnitt sind, wirken sie ebenfalls improvisiert. Anzeige . .

Die Dekoration ist auf eine Harfe und eine Matratze reduziert worden, hinzu kam im zweiten Akt eine schmale, hohe weisse Wand. Weil nur der vordere Teil der geöffneten Bühne beleuchtet war, agierten Chor und Solisten meist im Vordergrund, doch die Bewegungsabläufe und Gesten wirkten strukturiert und expressiv. Eine Interpretation der Handlung liess sich jedoch erst am Schluss erahnen, als sich auch die keusche Elisabeth kurz auf die Matratze legte und Wolfram danach ihren Mantel aufhob und an sich zog. Wollte Carsen damit die geistige und die sinnliche Liebe vereinen? Erst eine reguläre Aufführung wird darüber Aufschluss geben.

Doch die Erfahrung dieser irregulären Premiere möchte man nicht missen. Aus der Konzentration auf die Musik, die Stimmen und die Bewegungssprache resultierte eine gesteigerte Intensität des Hörens, und das Orchester, die Solisten und der Chor gaben ihr Bestes. Bei seinen Wiener Premieren hat man den Dirigenten Seiji Ozawa kaum je so dezidiert und inspiriert erlebt wie jetzt bei diesem Engagement in der Opéra Bastille. Er schien mit den Sängern zu atmen, und klanglich gelang ihm eine exquisite Balance von Glanz und erdiger Wärme. Stephen Gould wirkte in der Titelpartie zunächst einfach robust und kraftvoll, doch in der gefürchteten Rom-Erzählung vermochte er nicht nur erstaunliche Kraftreserven zu mobilisieren, hier wies er sich auch über eindrückliche gestalterische Fähigkeiten aus. Als Venus verströmte Béatrice Uria-Monzon in der tieferen Lage verführerischen Wohlklang, doch die hohen Töne klangen forciert, zu wenig kompakt, so dass man sich fragen musste, ob dieses Début im Wagner-Fach nicht zu früh gekommen sei. Auch das erlesene Timbre von Matthias Goernes Wolfram wurde etwas getrübt, weil sein Bariton ein starkes Vibrato entwickelte. Makellos strahlte dagegen der satte Sopran von Eva-Maria Westbroek in der Partie der Elisabeth.

Das Premierenpublikum, im Voraus mit der Aussicht auf reduzierte Kartenpreise in einigen Aufführungen anderer Werke beschwichtigt, liess sich ob der «halbszenischen» Wiedergabe nicht verdriessen und applaudierte enthusiastisch. Hat man das nicht schon einmal erlebt? Ja, es war genau wie in István Szabós herrlichem Film «Meeting Venus», dem eine authentische Erfahrung des Regisseurs mit «Tannhäuser» an der Pariser Oper zugrunde liegt. Hier wie dort triumphierte schliesslich Wagners Musik über die widrigen Umstände.

Marianne Zelger-Vogt | 11. Dezember 2007

ForumOpera.com

Enfin une vraie mise en scène !

Ce devait être une représentation de plus de Tannhäuser à l’Opéra Bastille. Et ce fut la première parisienne du spectacle de Robert Carsen, tout juste rescapé de la grève des techniciens. Si certaines des productions récemment jouées sur les planches de Garnier et Bastille pouvaient nous faire regretter de bonnes versions de concert, en voilà une qui valait le coup d’être vue !

Transformé en peintre, le rôle éponyme, très complexe comme chacun sait, est défini scéniquement avec une limpidité qui laisse rêveur : quand Venus, nue et sublime, lui tend les bras, quand Elisabeth lui déclare sa flamme, quand il revient de pèlerinage à Rome où le pape l’a maudit,… il peint, fait des croquis, retouche, crée. Son art l’habite entièrement, et le détache du monde. Jamais Tannhäuser n’a semblé si peu cruel et égoïste, et jamais il n’a été si intrinsèquement artiste. Jamais Elisabeth, seule à comprendre le talent de son amoureux, au deuxième acte, n’a été si profonde. Jamais Herrmann et le chœur, qui se livrent à une véritable torture morale avant de crier hypocritement au génie, n’ont été si haïssables, et pourtant jamais ils n’ont été si crédibles. De même que nous n’avons jamais vu de Wolfram si extatique, jamais une mise en scène de Tannhäuser n’a été si éloquente, et si édifiante quant aux relations entre les personnages. Qu’aux saluts, le metteur en scène soit accueilli par une pluie de huées est alors très préoccupant : les spectateurs de l’Opéra auraient-ils pris de mauvaises habitudes ?

Côté musique en revanche, le triomphe est heureusement unanime, à commencer par la fosse. Il faut dire que la direction de Seiji Ozawa, fluide et aérienne, d’une incroyable souplesse et libérée de toute tradition interprétative, est à elle seule un évènement – des cors (le final du I !) et des cordes (« Dich teure Halle » !) plus accomplies, et notre bonheur aurait été parfait ! Très sollicités dans « Tannhäuser », les chœurs livrent une performance sans doute un peu monolithique, mais néanmoins très impressionnante.

Et surtout, quelle distribution ! Quel Tannhäuser ! Stephen Gould en est sans doute le meilleur titulaire, avec ce volume ahurissant qui n’empêche pas les nuances, et dont l’endurance exceptionnelle (le récit de Rome !), n’est jamais séparée d’une réelle poésie. Quelle Elisabeth ! Puissance, homogénéité, émotion,… Eva-Maria Westbroek a toutes les qualités des plus immenses wagnériennes. Quel Wolfram ! Matthias Goerne y apporte toutes ses qualités de Liedersänger, alliant souplesse de la voix et intelligence du texte dans une romance d’anthologie !

Autour de ce trio exceptionnel gravitent d’autres incarnations mémorables, à commencer par la Venus de Béatrice Uria-Monzon. Pour son premier grand rôle wagnérien, la mezzo française montre un timbre charnu et sensuel qui va comme un gant au personnage. Les graves détimbrés ne sont alors que détails : on attend désormais Uria-Monzon dans Fricka, Kundry ou Ortrud ! Franz Josef Selig apporte sa noblesse et sa profondeur bien connues au Landgrave, et autour de lui, tous sont impeccables : Ralf Lukas, Michael König, Wojtek Smilek, Andreas Conrad,… quelle équipe ! Quelle soirée !

On remercie alors Nicolas Joel d’avoir déjà programmé la reprise, qui posera un dilemme cornélien… de Westbroek ou de Stemme, qui sera la plus belle ?

Clément TAILLIA | Paris, Opéra Bastille, le 15 décembre 2007

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320 kbit/s CBR, 44.1 kHz, 429 MByte (MP3)
Remarks
Broadcast (France musique)
A production by Robert Carsen