Tannhäuser

Donald Runnicles
Chor und Orchester der Deutschen Oper Berlin
Date/Location
11 November 2015
Deutsche Oper Berlin
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
HermannAnte Jerkunica
TannhäuserStephen Gould
Wolfram von EschenbachMarkus Brück
Walther von der VogelweideThomas Blondelle
BiterolfSeth Carico
Heinrich der SchreiberPaul Kaufmann
Reinmar von ZweterAndrew Harris
ElisabethHeidi Melton
VenusHeidi Melton
Ein junger HirtElbenita Kajtazi
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Reviews
Seenandheard-International.com

This is a revival of a Kirsten Hams production that I’ve seen a couple of times before, and my impression has not changed. Ms. Harms tries to do a lot of original things, but the aesthetics remain pleasing, although towards the end the narration becomes somewhat confused.

During the overture, Tannhäuser reaches the Venusberg and is greeted by its barely dressed inhabitants. At the time of the premiere, Nadja Michael as Venus was almost naked, but the current goddess is fully dressed. At the Wartburg the chorus of pilgrims are souls in Hell, guarded by winged monsters resembling Gothic gargoyles (the curtains of each act also depict the figures of gargoyles). The entrance of the Landgrave and his entourage takes place with all of them wearing armour and riding full-scale replicas of horses. The hall of the contest presents some 40 armored warriors who are then lifted to the ceiling, leaving the stage empty. The guests are dressed in medieval costumes, while the singers are armoured from head to toe. Finally, Act III takes place in a hospital for pilgrims, and Elisabeth is tending them. Venus and Elizabeth are interpreted by the same soprano which is endlessly confusing. Elisabeth does not exit the stage after her prayer, but remains there, covered by a sheet, until she gets up to do Venus’s final song. If you’re not very familiar with the opera and don’t know German, you may well believe Elisabeth has come back to the living world.

The sets, costumes and lighting are by Bernd Damovsky, and his concept is basically minimalist, with added props like horses, armor and beds. The costumes are spectacular in the singing contest. The stage direction offers no surprises or originality but just narrates the story.

Again Donald Runnicles was on the podium, and again we enjoyed his artistry. The version offered was the original from Dresden, and his conducting improved as the performance went on. If the overture was not particularly bright (as also happened two years ago), the last two acts were excellent, and Mr. Runnicles’ delicacy and inspiration were impressive. The orchestra was excellent under his baton. The DOB Chorus deserves a separate chapter: under their director, William Spaulding, they’ve achieved a level of exceptional quality. I would single out the Choir of Pilgrims in the third act, which was absolutely breathtaking.

One of the main attractions of this production is the presence of Stephen Gould, possibly the best Tannhäuser today, and he proved it again. All opera lovers know that Tannhäuser is one of the most difficult characters in the repertoire, and it takes a true heldentenor to master this score. Mr. Gould made a great display of vocal power, and he also sang the part, allowing himself the luxury of resorting to some piani in the narration of Rome. He had no problems at the end of the second act, where so many of his colleagues get into real trouble, and the same can be said of his singing in the Venusberg. Stephen Gould is in a splendid moment, and I hope it lasts.

American soprano Heidi Melton played the characters of Elisabeth and Venus. She caught my attention from the first time I saw her, in Bordeaux and also in the character of Elisabeth. Her voice is beautiful, wide, well handled and nicely suited to the part of Elisabeth. She was less convincing as Venus, and I think it would have been better to split characters.

It is always a pleasure to hear Markus Brück, a baritone who seldom leaves the Deutsche Oper although he is good enough to sing in the best opera houses in the world. I always wonder why his appearances in other theatres are so rare. His interpretation of Wolfram was magnificent ̶ just outstanding.

Croatian bass Ante Jerkunica made a strong Landgrave, with a warm voice in the middle and singing with gusto and sufficient authority. His biggest problem lies in the upper part of the tessitura, where his voice becomes rather faded.

Thomas Blondelle did well in the part of Walther, with an attractive light-lyric tenor voice. Seth Carico was also good as Biterolf, though perhaps a little light. Paul Kaufmann and Andrew Harris were serviceable as Heinrich and Reinmar. Young soprano Elbenita Kajtazi showed a beautiful voice as the shepherd.

José M. Irurzun | Deutsche Oper Berlin, 15.11.2015

forumopera.com

A la Deutsche Oper de Berlin, le public est nombreux pour ce Tannhäuser (version de Dresde) de répertoire. Autour d’une solide distribution, Stephen Gould retrouve, dans une production manichéenne créée en 2008, le rôle qui l’a fait connaître à Paris.

Dès l’ouverture – sans la bacchanale donc – Kirsten Harms ouvre le rideau et présente les axes clés de sa lecture : un chevalier en armure descend dans l’enfer du Venusberg. Le mouvement trouvera son exact opposé dans l’ascension du chœur des pèlerins au premier acte. Ainsi, le plateau de scène fait l’ascenseur pendant tout le spectacle, devenant tour à tour abîme, tranchées, marches ou montagne. L’ensemble est immédiatement lisible, baigné des splendides lumières et ambiances de Bernd Damovsky : rouge, violacée pour le désir et le péché ; bleu, blanc pour la pureté. Mais tous les autres pans de l’œuvre de Wagner sont peu ou prou évacués. La place de l’art et de la création artistique ? Sa valeur subversive ? Non. Au moins ce manichéisme s’exprime-t-il moins en bien et mal qu’en dichotomie plaisirs charnels, ascèse. Dès le deuxième acte, l’ensemble tourne vite en rond : statisme et costumes grands guignolesque à la Wartburg et retour à un univers médical hors de propos déjà vus trop de fois chez Wagner au troisième acte. On supporte encore une fois ces rangées de brancards d’où se relèvent les pèlerins, pas tout à fait remis malgré les soins d’Elisabeth. Une vierge bercée par un Wolfram, bien trop souvent concupiscent à son égard pour être honnête, qui lui détache les cheveux. Recouverte d’un drap d’hôpital, elle se relève en Venus, le rôle étant ce soir tenu par la même interprète.

Heidi Melton ne démérite pas même si elle mâchouille son allemand en comparaison des autres chanteurs. Un rien mal à l’aise dans la tessiture de Vénus elle peine à monter en tension et en volume. Elisabeth la présente sous un jour nouveau, plus homogène. La fraîcheur de la voix n’est pas entamée, « Dich Teure Halle » résonne triomphant malgré quelques duretés. Le reste de la représentation sera dans la même veine, et son endurance finira d’emporter l’adhésion. De l’endurance Stephen Gould en a à revendre. Arrivé sur la réserve au dernier festival de Bayreuth après une année passée à chanter Tristan un peu partout, il a fait le plein de vitamines et retrouvé toute son ardeur. Un chant vitaminé car dès la première phrase, éclatante, on se demande comment il va tenir et aller crescendo dans ce premier acte. Et pourtant chaque invocation est chantée plus fort avec des accents, qui, de tendres deviennent de plus en héroïques. Vitaminé aussi, le deuxième acte est assumé avec de belles nuances piano dans les ensembles, alors qu’au dernier acte l’Américain opère la synthèse dans un récit de Rome qui met en valeur toutes ces qualités. Même si on l’aimerait plus immédiatement suave, plus profond, le Wolfram de Markus Brück est toujours musical, notamment au troisième acte. L’allemand s’accommode de la nasalité de son timbre pour accompagner la mise en scène qui voit l’amour de son personnage moins platonique et pur que ne le suggère le livret. Stature et autorité d’Hermann s’incarnent dans la basse solide d’Ante Jerkunica. Le ténor Thomas Blondelle prête à Walther une belle ligne et la puissance mâle de son timbre. Il surnage dans les ensembles. Seul Biterolf manque à l’appel des chevaliers, Seth Carico se trouve court en terme de projection. Les chœurs, très sollicités, brillent par leur puissance et une homogénéité à peine entamée par les aigus un peu acide des sopranos lors de l’entrée dans la Wartburg. Elles se rattraperont dans leur dernière intervention du deuxième acte.

A l’instar de Manon Lescaut de la veille Donald Runnicles construit pas à pas, gagne en qualité et en sens du théâtre tout au long de la soirée. Les légers décalages apparus çà et là se résorbent. La petite harmonie retrouve progressivement sa rondeur. Lors du récit de Rome, l’espoir d’Heinrich voltige chez les flûtes et la noirceur du jugement du Pape est appuyée par les cuivres et les violoncelles.

Yannick Boussaert | 15 Novembre 2015

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Technical Specifications
192 kbit/s CBR, 44.1 kHz, 242 MByte (MP3)
Remarks
In-house recording
A production by Kirsten Harms (2007)