Der fliegende Holländer

Kazushi Ono
Choeurs de la Monnaie
Orchestre Symphonique de la Monnaie
Date/Location
20 December 2005
Théâtre Royal de la Monnaie Bruxelles
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
DalandAlfred Reiter
SentaAnja Kampe
ErikTorsten Kerl
MaryJacqueline van Quaille
Der Steuermann DalandsJörg Schneider
Der HolländerEgils Siliņš
Stage directorGuy Cassieres
Set designerPeter Missotten
TV directorBenoit Vlietinck
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Avec le mode d’emploi

Une constatation s’impose : le bonheur de cette nouvelle production du Théâtre Royal de La Monnaie à Bruxelles émane de sa musique. Richard Wagner, avec ce premier opéra reconnu et acclamé, y trouve son compte grâce à la magnificence de l’Orchestre Symphonique et des Chœurs maison soulevés en tempêtes par le chef Kazushi Ono. Toutes les couleurs, tous les tumultes de cette partition foisonnante sur fond de mythe et de légende sont au rendez-vous, passant de l’urgence dramatique réelle à l’hallucination des rêves, des cadences de danses populaires aux envolées lyriques. N’y manquent que quelques pauses pour ici ou là respirer au calme, laisser place aux songes et éviter que l’emphase des cuivres ne couvre les voix.

Une distribution quasi irréprochable

Car elles sont belles ces voix et en parfaite osmose avec les exigences héroïques wagnériennes. Une distribution quasi irréprochable avec un Hollandais mystérieux auquel Egils Silins apporte une sorte de pâle absence et une voix qui sans être puissante semble sourdre des entrailles de la mer. Une Senta blonde et lumineuse, femme-enfant prise de vertige amoureux : Anja Kampe, que l’on avait pu découvrir à Strasbourg dans le remarquable Hans Heiling de Marschner, en a le charme secret et un timbre qui projette aux étoiles des aigus ravageurs. Alfred Reiter campe un Daland, bon père de famille qui trouve l’occasion belle d’unir sa fille unique à ce naufragé cousu d’or, Jörg Schneider exécute le grand air du Steuerman (pilote) avec des accents d’ange déchu tandis que Torsten Kerl confère à Erik, le fiancé officiel de Senta, la carrure robuste d’un chasseur au timbre voilé de chagrin. Mise en scène, décors et costumes n’affichent pas en revanche la même fidélité au maître de Bayreuth.

Projections multiformes

Guy Cassiers qui orchestre l’ensemble des parti-pris de la réalisation signe ici sa première mise en scène d’un ouvrage lyrique et y rassemble, semble-t-il, tout son savoir-faire d’homme de théâtre imaginatif aguerri aux technologies les plus pointues, usant de vidéos, de séquences filmées, de caméras filmant en direct et de projections multiformes. Quiconque n’aurait pas pris connaissance de ses déclarations d’intention aurait bien du mal à décrypter le sens de ce qu’il voit sur scène. Le thème est connu : au cours d’une violente tempête deux navires en détresse échouent sur les rives d’une baie en Norvège. Celui du capitaine Daland pressé de rentrer chez lui retrouver sa fille et celui du Hollandais maudit, condamné à errer de port en port, avec une escale tous les sept ans pour tenter de trouver la femme qui lui serait fidèle jusqu’à la mort et ainsi le sauverait… En lieu et place des navires, deux cuves : la plus grande ressemble à une cuve de brasserie, la plus petite, trouée de hublots à une sorte de gazomètre pivotant (décors de Peter Missotten). Il s’agit paraît-il des soutes des voiliers naufragés. Pour s’y retrouver, prière de consulter le mode d’emploi.

Allégories en miroirs et en mouvement perpétuel

Alors que les costumes des solistes sont sobres et vraisemblables, ceux des choristes sont carrément abscons avec des cirés, polos, sweat-shirts taillés pour géants et garnis de manches surdimensionnées que les protagonistes agitent en tourniquets bruyants. Qu’ils figurent indifféremment les équipages, le peuple du port ou les fileuses de Senta, ils sont soumis aux mêmes déguisements. Et ont droit en prime à d’étranges numéros de ballets de mains et de pieds scandant la musique qui dans une parodie d’opérette vaudrait peut-être leur pesant de dérision et pour lesquels deux chorégraphes ont été conviés. Impossible de nier la beauté des images qui défilent et se noient sur le grand écran du fond de scène, sur les parois des cuves tournoyantes et sur l’énigmatique portique qui encadre Senta durant sa fameuse ballade. Autant d’allégories en miroirs et en mouvement perpétuel qui dupliquent, en quelque sorte, ce que la musique dit d’elle-même. A trop vouloir démontrer sa virtuosité, Guy Cassiers surcharge. Mais c’est sans doute un péché de débutant…

Caroline Alexander

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720×406, 893 kbit/s, 967 MByte (MPEG-4)
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