Das Rheingold

Herbert von Karajan
Berliner Philharmoniker
Date/Location
1-18 November 1978
Bavaria Atelier München
Recording Type
  live  studio
  live compilation  live and studio
Cast
WotanThomas Stewart
DonnerValdimir De Kanel
Leif Roar [singer]
FrohHermin Esser
LogePeter Schreier
FasoltGerd Nienstedt
Karl Ridderbusch [singer]
FafnerLouis Hendrikx
AlberichZoltán Kelemen
MimeGerhard Stolze
FrickaBrigitte Fassbaender
FreiaJeannine Altmeyer
ErdaMartha Mödl
Birgit Finnilä [singer]
WoglindeEva Randová
WellgundeEdda Moser
FloßhildeLiselotte Rebmann
Stage directorHerbert von Karajan
Set designerGeorges Wakhevitch
TV directorHerbert von Karajan
Gallery
Reviews
Mostly Opera

Herbert von Karajan conducted four complete Ring Cycles: 1937 in Aachen, 1951 in Bayreuth, 1959 in Vienna and 1967-70 in Salzburg. The sets of the Salzburg production, which was also directed by Herbert von Karajan were by Gunther Schneider-Siemssen, and this production was partly transferred to the MET end-60´s until a strike intervened when the project was only half finished. Gunther Schneider-Siemssen also designed the sets for the current Schenk Metropolitan Ring.

This DVD is a studio film recorded between 1973-78 in Munich. The soundtrack to the film was recorded in 1973 at the Salzburg Easter Festival during Karajan´s revival of his Rheingold, however the complete absence of audience noise suggests the recordings were made during one of the numerous lighting rehearsals, for which Herbert von Karajan was famous (he was very interested in lighting).

This lapse in time also (at least partly) explains why several of the singers were replaced by other singers in the film, due to simple availability issues. Aesthetic considerations, such as the hiring of dancers for the Rhinemaidens, probably weighed in as well. This concerned Erda (played by Martha Mödl, sung by Birgit Finnilä), Fasolt (played by Gerd Niensted, sung by Karl Ridderbusch) and Donner (played by Vladimir de Kanel, sung by Leif Roar).

Herbert von Karajan directed the film, the sets and costumes were by Georges Wakhevitch and Jean Forrester, deliberately mimicking Gunter Schneider-Siemssen´s sets for Karajan´s previous Salzburg production. By the time the Rheingold film was completed in 1978, Unitel had aborted the plan of filming the entire Ring Cycle, a decision Herbert von Karajan no doubt was in agreement with as he had more than enough money to sponsor the completion of the project had he wished to do so.

The play-back is, as always, one of the weak points of this film. Unfortunately, there are several far weaker points to chose from:
First of all, I am uncertain as to what exactly Herbert von Karajan´s contribution as a director consisted of. The singers seem to have been simply placed in middle of the traditional sets and then abandoned standing there. There is no interaction between the characters, no drama whatsoever in this immensely static prodution. In short: No sign of any attempt of stage direction. I believe Herbert von Karajan´s goal as a stage director was to create an appropriate background for the music, which is very admirable, but unfortunately also very boring to watch.

Secondly, I would assume one of the reasons behind filming Rheingold would be the possibility to use special effects for some of those scenes which are virtually impossible to carry off convincingly in the theater such as Alberich´s transformations.. And while the Rhinemaidens seem to swim in the bottom of the Rhine, Valhalla is even more static here than in the theater and the transformations of Alberich are simply pathetic, even taken into consideration the age of the film.

While some of the singers are rather good actors (most notably Brigitte Fassbaender and Peter Schreier), Thomas Stewart´s Wotan is woodden and stiff like few others. That Gerhard Stolze´s Mime is a bit stiff as well, is rather understandable as he contracted polio during the recording of the Solti Siegfried some years earlier.

A moderately interesting document as the only Karajan Wagner filming available, but no more than that.

The bottom line (scale of 1-5, 3=average):

Thomas Stewart: 2
Brigitte Fassbaender: 4
Zoltan Kelemen: 4
Peter Schreier: 4

The production: 2

Herbert von Karajan conducting: 4

Overall impression: 2

12 September 2008

forumopera.com

Un noyé dans le Rhin

On peut être Karajan et ne pas forcément être suivi par sa maison de production. Petit flashback : Karajan qui avait déjà trois Ring à son tableau de chasse en voulait un quatrième ; Karajan créa donc, à sa (dé)mesure le Festival de Pâques, à Salzburg, pour s’offrir cette Tétralogie (sa dernière) en scope et en couleurs ! Il la monta ; l’enregistra ; commença à la ré-enregistrer et… voulut la filmer. Mais… Mais Unitel ne fut pas d’accord et M. von K. dut se contenter de ce Rheingold qui nous revient aujourd’hui pour cause de commémorations intensives du centenaire !

On peut être, donc, Karajan et ne pas être suivi par sa maison de production. Mais, on peut aussi être Karajan et se fourvoyer ; ceci expliquant in fine cela. Le spectacle de Salzburg dut êre grand ; on le dit en tout cas. Mais ramené aux proportions d’un écran de télévision… eh bien, cela ne passe pas. Cela ne passe plus ! C’est, au mieux, sans grand intérêt et à peine regardable ; au pire, risible (les filles du Rhin sont indicibles… au sens propre du terme). Plutôt pas mal décoré, pourtant, avec cette pleine erratique et minérale ; avec ce Walhalla qui a un côté Fritz Lang pas totalement digéré, mais Fritz Lang quand même.

Mais que c’est mal dirigé, quand la caméra, indiscrète, vulgaire, colle aux visages ; comme c’est mal tourné, aussi, avec ces inserts du Rhin, cet espèce de traveling vomitif vers le Niebelheim (vomitif et à peine digne d’un très mauvais film de la Hammer des sixties) ! Avec cet insert affreux de Erda, indigne ! C’est un cas d’école, quasi médical, que cette césure, cette cassure même, entre le geste créateur, démiurgique du chef d’orchestre et le petit tricotage de xème zone du metteur-en-scène. Entre la main géniale qui pétrit la matière sonore du Prélude sous le Rhin et celle du petit maître qui colle la voix de Finillä sur l’image de Mödl (mais c’est un drame de ne pas l’avoir enregistrée, elle) ; qui atiffe ainsi le pauvre Schreier ; qui surcharge de squames baveux les nains du Niebelheim etc…

Bref, on est tellement effaré ou déçu ou tout ce que l’on peut vouloir dans l’ordre de l’incompréhension que l’écoute est sérieusement perturbée. Ce qui est, forcément, très dommage. Karajan ne pensait pas qu’il faisait du Wagner chambriste, mais seulement qu’il rendait sa musique à sa vraie nature. Don’t act ! Mais le fait est que la musique, ici, est d’une richesse sans nom ; sans borne et sans fond. Chatoyante, comme scintillante de poudroiements quasi-impressionnistes sous le Rhin, tendue au Niebelheim, bouillonnante à l’appel de Donner, jusqu’à la montée luminescente, irradiante de l’Abendlich final.

La distribution, elle, est (encore une fois, cela devient presque perturbant) mythique, historique de plein droit, avec du connu (voire très connu, mais est-ce bien un problème ?) et du moins connu. Avec Stewart, qui donne, enfin, son Wotan initial ; avec Stolze qui retrouve, génialement, les criaillement de Mime ; avec Fassbender, tout jeunette et très en voix (deux qualités par forcément habituelles chez elle) ; avec des Géants… géants ; avec un Alberich parmi les deux ou trois plus indispendables de l’histoire du disque ; et, surtout, avec un Schreier d’exception qui susurre l’un des Loge les plus fins, les plus venimeux qui soient parce que « a-vocal » par excellence, n’ayant que la ressource du mot !

Bref, il faut éteindre son téléviseur et continuer à imaginer que Karajan, wagnérien de génie, a été un grand homme de scène dont, hélas, on n’a rien conservé du Ring !

Benoît BERGER

ConcertoNet.com

Comme le rappelle la notice (en anglais, allemand et français), parmi les Ring dirigés par Karajan tout au long de sa carrière, celui donné entre 1967 et 1970 à Salzbourg revêt une importance toute particulière: non seulement ce fut le dernier mais lorsque le chef autrichien fonda le Festival de Pâques, il avait notamment en tête l’idée d’y donner les quatre opéras de Wagner avec le Philharmonique de Berlin et, surtout, de les mettre en scène lui-même. Ce DVD témoigne d’ailleurs d’une dimension supplémentaire dans sa volonté de maîtriser l’ensemble des paramètres musicaux et théâtraux: le chef et metteur en scène se fait ici réalisateur; présent sur tous les fronts, il mérite ainsi sans conteste la fonction de «supervision artistique» qui lui est attribuée.

Parallèlement aux représentations du cycle de 1967-1970, Deutsche Grammophon l’avait intégralement enregistré. Karajan eut en revanche beaucoup plus de difficultés à mener à bien le volet filmé de ce projet, mais ne renonça pas de si tôt, reprenant dès 1973 L’Or du Rhin (1854), enregistré à Salzbourg avec une distribution sensiblement différente de celle de la version audio de 1968, mais réalisé en playback plus de cinq ans après à Munich, certains des rôles étant joués par d’autres chanteurs que ceux de 1973… Et les choses en restèrent là, cette Tétralogie n’allant donc pas au-delà de son prologue.

Faut-il le regretter? Certainement pas pour une direction d’acteurs statique, fidèle aux didascalies mais filmée sans inventivité et desservie par des protagonistes dont la plupart paraissent assez empruntés. Sans doute pas non plus pour des trucages hésitant entre kitsch et médiocrité, comme l’apparition d’Erda. Mais la conception globale témoigne d’une grande originalité, bien que pouvant être analysée comme la juxtaposition de styles très divers: visions sous-marines d’Odilon Redon pour la première scène, Walhalla embrumé des dessins de burgs de Victor Hugo, Nibelungen sortis du cinéma expressionniste allemand, dragon de film d’horreur, Loge façon Mr. Spock, …

Comme dans la production de Chéreau en ces années-là à Bayreuth, c’est Loge qui mène le jeu, combinaison de cuir rouge tranchant sur la grisaille des autres dieux, et ce jusqu’aux dernières images annonçant les flammes du Crépuscule des dieux: avec son timbre si caractéristique, Peter Schreier, dans l’une de ses rares incarnations wagnériennes, en fait un personnage redoutable et inquiétant, et constitue l’un des principaux atouts de ce plateau vocal presque entièrement renouvelé par rapport au disque, à l’exception de l’excellent Alberich de Zoltan Kelemen. L’orchestre paraît plus brûlant et charnu que cinq ans auparavant, mais en Wotan, Thomas Stewart, succédant à Dietrich Fischer-Dieskau, ne semble pas toujours très solide. Le reste de cette très brillante distribution se révèle en revanche à la hauteur des espérances, à commencer par la jeune Fricka de Brigitte Fassbaender.

Simon Corley

Rating
(7/10)
User Rating
(4/5)
Media Type/Label
DG
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Technical Specifications
720×480, 3.0 Mbit/s, 3.0 GByte, 5.1 ch, 4:3 (MPEG-4)
Remarks
Movie
Sound recorded at the 1973 Salzburg Easter festival.