Die Walküre
| Ádám Fischer | |||||
| Hungarian Radio Symphony Orchestra | ||||||
Date/Location
Recording Type
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| Siegmund | Bryan Register |
| Hunding | Albert Pesendorfer |
| Wotan | Tomasz Konieczny |
| Sieglinde | Magdalena Anna Hofmann |
| Brünnhilde | Elisabet Strid |
| Fricka | Atala Schöck |
| Helmwige | Gertrúd Wittinger |
| Gerhilde | Zita Váradi |
| Ortlinde | Beatrix Fodor |
| Waltraute | Gabriella Fodor |
| Siegrune | Éva Várhelyi |
| Grimgerde | Erika Gál |
| Schwertleite | Szilvia Szilágyi |
| Roßweiße | Zsófia Kálnay |
Konieczny en Heldenbass
C’est le dernier Ring d’Ádám Fischer dans le cadre des Journées Wagner de Budapest, qu’il a créées en 2006 – et tout le monde veut en être. On est sold out ce soir dans la grande salle Bélá Bartók du Müpa Budapest. Toutes les places sont occupées ? Non, quatre places du premier rang, juste derrière le chef, restent vides. Il se dit ici que le maestro ne veut personne juste derrière lui quand il dirige – il faut dire (pour y avoir passé le deuxième acte) qu’on est qu’à quelques centimètres du maître… Alors ces quatre places-là, on ne les met pas en vente ! Légende ? On ne prête qu’aux riches !
La conduite de cette Walkyrie par Ádám Fischer est en tout point remarquable ; comme nous avons aimé la fièvre des premières mesures ! Un orage électrique plus qu’une tempête ; comme nous avons apprécié les tempi tellement mesurés dans le duo Sigmund – Sieglinde, soudain devenu un quasi duo belcantiste. Il y a une recherche permanente de l’adéquation entre la fosse et le plateau, c’est de l’art. Il y a une intelligence de la partition chez Fischer, forgée par une solide expérience : il aura donné vingt cycles complets au Müpa depuis 2006. Et dire que Fischer, selon ses propos, est entré dans Wagner quasi contraint et forcé ! – Là aussi, mythe ou réalité ?
On retrouve l’orchestre symphonique de la radio hongroise tel que perçu la veille. Des cordes magiques (les altos con sordino au second acte à vous donner le frisson), des bois irréprochables, mais toujours des cuivres imparfaits. On les a trop peu entendus dans la Chevauchée du III, et puis toujours ces petits décalages qui font mauvais genre.
Nous sommes dans une version semi-scénique avec des chanteurs en habit de récitalistes ; il faut y voir aujourd’hui une sorte de marque de fabrique des Journées Wagner de Budapest plus qu’autre chose, car les toutes premières éditions étaient pratiquement des versions de concert (ce n’est qu’au fil des années que Hartmut Schörghofer a étoffé la mise en espace, puis a introduit la vidéo). Plus grand-chose ne justifie donc que les chanteurs ne soient pas costumés, ou qu’ils se tiennent assis sur les côtés quand ils ne chantent pas. Les décors sont toujours figurés par des projections vidéos sur les trois panneaux de fond de scène. C’est esthétiquement souvent réussi, mais pourrait être enrichi. L’orage du début du I est représenté par une sorte de tempête de neige en montagne ; c’est encore la montagne que l’on retrouvera en décor du II, avant que celle-ci laisse place à un paysage urbain en noir et blanc dévasté. Par la guerre ? Par un tremblement de terre ? Il faut y voir l’illustration de la perte de pouvoir de Wotan (le fameux « Nur eines will ich noch : das Ende ») quand il se fait tordre le bras par son épouse. Toujours est-il qu’à la fin de ce premier tableau du II ce sont les oiseaux prédateurs qui prennent le pouvoir dans ce paysage de désolation (sous-entendu, c’en est fini de l’autorité du dieu des dieux).
Au III, le paysage sera celui d’un monde semi-désertique et le cercle de feu dans lequel Brünnhilde sera enfermée sera représenté par un immense brasier, dont on voit mal qui pourra le transpercer… Comme dans le Prologue, il y a ces jeux d’ombres chinoises, la présence de danseurs qui appuient le texte (huit danseurs, comme les Walkyries, miment des cavaliers en ouverture du III), tout cela est bien vu.
Plateau inégal ce soir mais avec de formidables individualités. Nos huit Walkyries entament leur chevauchée derrière les panneaux du fond de scène et c’est bien dommage, car on ne perçoit qu’imparfaitement leur chant. Les huit voix ne tombent pas toujours bien ensemble, il manque une homogénéité formelle censée illustrer leur position commune face à Wotan et Brünnhilde. La Fricka d’Atala Schöck est bien celle qui nous avait tant charmé au premier tableau de Rheingold. Elle assoit son autorité sur Wotan grâce à une voix cette fois-ci sans aspérité. Albert Pesenforfer est un extraordinaire Hagen ; la voix caverneuse nous fait froid dans le dos : il figure le butor qu’on n’a guère envie de croiser dans la rue : tout est là pour déplaire, sauf une voix immense, et dont on imagine sans même l’avoir entendue, qu’elle siéra parfaitement au Hagen du Götterdämmerung à suivre. Bryan Register est malheureusement dans un jour sans. Son Siegmund n’avait aucune chance d’effrayer Hunding. Lui qui avait été un Siegfried apprécié à La Monnaie en 2025, est méconnaissable ce soir. Son entrée est correcte, mais tout se gâte très vite : le double « Wälse » est trop court, le chant du printemps pose les premières difficultés et le duo avec Sieglinde voit l’intensité diminuer à chaque instant. L’entracte de cinquante minutes n’a sûrement pas été de trop pour récupérer quelque force et finir courageusement sa partition en fin du II. Celui qui se présente sur son site web comme un Heldentenor n’avait pas ce soir les attributs afférents. Sans parler d’une prononciation souvent hasardeuse, des mots omis, d’autres intervertis, des changements de consonnes qui changent le sens d’une phrase ( « il me protège » ne veut pas dire la même chose que « il te protège»). Il nous tarde d’entendre Bryan Register en meilleure forme.
Magdalena Anna Hofmann est une Sieglinde forte femme, et pourquoi pas ? La voix est extrêmement solide, aucune note ne semble inatteignable, la projection est puissante sans toujours éviter la stridence, mais quelle incarnation ! Le duo avec Sigmund, c’est elle qui le porte à bout de bras, cela reste un des plus beaux moments de la soirée. Elisabet Strid tient le rôle-titre. Entrée au II éblouissante, elle évite tous les pièges de ce début de rôle quasi inchantable, projette sa voix sans jamais crier, c’est beau. Elle se hisse souvent au niveau du Wotan de Tomasz Konieczny, ce qui n’est pas un mince compliment. Tania Braq avait beaucoup apprécié sa Turandot de Stockholm. De toute évidence, la Brünnhilde de Walküre convient bien à sa voix, mieux sans doute que celle de Siegfried, sans parler de celle de Götterdämmerung.
Reste le héros de la soirée, le Wotan de Tomasz Konieczny, véritable phénomène sur scène. Pour lui il faudrait réinventer la notion de Heldenbass, terme un peu tombé en désuétude. La percussion de ses graves, comme de ses aigus du reste, la force de l’incarnation, font bien de lui une basse héroïque. Sa voix vous transperce comme la lance qui ne quitte pratiquement jamais ses mains. Le baryton-basse polonais est aujourd’hui en pleine possession de moyens colossaux. Rien à redire ? Eh bien si ! Nous restons sur notre faim dans le duo final (« Les adieux de Wotan ») : Konieczny ne parvient pas à fendre l’armure, à redevenir pleinement le père éploré qu’est Wotan en réalité. L’émotion ne passe pas, on est encore trop dans la maîtrise des moyens et dans la recherche de la perfection vocale.
Car dans cet instant fugace mais fondamental, Wotan n’est plus seulement un dieu, il est surtout un père qui sacrifie sa fille.
Thierry Verger | 28 juin 2026
La impetuosa ‘Valquiria’ de Ádám Fischer
Como ya señalamos en nuestra primera crítica dedicada a este segundo Der Ring des Nibelungen (1851-74) en los Wagner Days del Müpa de Budapest (ciclo que tuvo lugar entre los días 25 y 28 de junio de 2026), éste es el último Anillo que Ádám Fischer conducirá tras toda una carrera dedicada a la música de Richard Wagner, alcanzando un total de hasta ciento dieciocho representaciones por él dirigidas en unos Wagner Days que en 2026 celebran sus dos primeras décadas de existencia; celebración que se suma a los ciento cincuenta años que este verano se cumplen del estreno del Anillo al completo en Bayreuth: dos motivos que han llevado al principal festival wagneriano de Hungría a redoblar sus medios y su calidad, redondeando un Rheingold soberbio que tuvo su continuación en una Die Walküre (1851-56) que corrió por análogos derroteros, con una total transparencia orquestal, un balance vocal-instrumental exquisito y una concepción de la acústica del Müpa pensada específicamente para cada ópera por Ádám Fischer; en esta ocasión, más directa e impactante, para adentrarnos en la virulencia y en los conflictos emocionales de esta Valquiria tan disfrutable como un día antes lo había sido el prólogo de Der Ring des Nibelungen.
Algo que, sin embargo, ha ido in crescendo en cada nueva jornada de este Anillo aquincense, fueron las ovaciones que a Ádám Fischer le tributó el público de Budapest, más propias de un final de concierto que de la salida al foso de un director que pareció contagiarse de esa energía transmitida por los aplausos, pues la tempestuosa introducción del primer acto desató una furiosa tormenta tan bien matizada como todo lo escuchado un día antes en su dirección de Das Rheingold, manejando con exquisitez los reguladores dinámicos para que pareciésemos golpeados por sucesivas oleadas de vientos y copos de nieve, así como con una disposición del metal que, emplazado a izquierda y derecha del foso, produce un efecto envolvente que se redobla gracias a la impactante acústica del Müpa, confiriendo una sensación más inmersiva a este comienzo de Die Walküre que el director de escena austriaco Hartmut Schörghofer remeda visualmente con una paralela tormenta de nieve en la montaña, filmada en un plano subjetivo que confiere aún más verosimilitud a ese adentrarse en el ojo de la tempestad por parte de un Siegmund en camino a ese juego de equívocos y encuentro con su destino que sería el primer acto.
Para remarcar ese cambio de ambiente entre el inhóspito exterior azotado por la tormenta y el interior de la casa de Sieglinde, Ádám Fischer marca un acusado cambio de tempo, que depara un dúo vocal repleto de melancolía y sutil insinuación del creciente deseo, con un grave Siegmund a cargo del heldentenor estadounidense Bryan Register (más tenor que helden en Budapest) y una Magdalena Anna Hofmann que nos ha regalado una soberbia Sieglinde, lírica e impecablemente acompañada por las cuerdas de la Orquesta Sinfónica de la Radio Húngara, en lo que fue otra de las señas de identidad de este último Anillo de Ádám Fischer: el extremo cuidado que el director magiar confiere a cada voz, línea prosódica y planos de relieve desde el foso del Müpa.
Frente al embelesado ambiente que Register, Hofmann y Fischer crearon en el dueto, la entrada del Hunding encarnado por el bajo austriaco Albert Pesendorfer es aguerrida y heráldica, marcada en la orquesta por un reforzado vigor de un metal que anticipa las ínfulas guerreras del personaje y, en lo escénico, por un cortejo de perros (bailarines con máscaras de cánidos) que acompañan a un Pesendorfer soberbio (que volvería a triunfar en este Anillo del Müpa con su impresionante Hagen en Götterdämmerung). Frente a sus crecientes sospechas y enojo, mostrados con una presencia escénica sombría y arrogante, el relato de Bryan Register de las desventuras de Siegmund fue conducido de un modo lento y sombrío, con ciertos desajustes en la dicción del tenor americano, que fue arrastrado por la orquesta con una tensa armonía que anticipa su catástrofe.
Es, por ello, que el reto de Hunding, pronunciado tras un abismático silencio, cambia totalmente el ambiente desde el embeleso en la fascinación erótica entre Siegmund y Sieglinde, así como en la expectación creada a través de las revelaciones de los cambiantes nombres del welsungo, pasando progresivamente del lirismo a la brutalidad e imponiéndose aquí claramente el Hunding de Pesendorfer sobre el más timorato Siegmund de Register, con una tensión proliferante y un tratamiento orquestal camerístico para adaptarse de forma más precisa a cada temperamento vocal en escena. Sin embargo, se permite el Siegmund de Bryan Register una marcada exaltación en su episodio de la espada, pasando progresivamente del hielo a la primavera en las pantallas (en correlación con texto wagneriano), a las que se asoma el fruto prohibido, la intuición de un amor incestuoso. La final revelación de Siegmund la acompaña Hartmut Schörghofer de un abrasador fuego en su escenografía, con la apertura de los horizontes, así como de un pasado que se revela ya sin subterfugios a través del vínculo con Wälse y su legado en Nothung, abriéndose también el sonido de la Sinfónica de la Radio Húngara, para dejarnos un final de primer acto encendido en el que Fischer no deja de diseminar atisbos de una inestabilidad armónica que anuncia que, bajo esa radiante salida del sol, se agazapan sombras que pronto harán sucumbir al dúo de amantes.
En una Walküre que, como sostenía nuestro compañero Ángel Fernando Mayo, es la más pasional y arrebatada de las cuatro óperas del Anillo, la introducción orquestal del segundo acto fue de nuevo conducida con una energía desbordante por Ádám Fischer, remarcando los efectos espaciales gracias al desdoblamiento del metal y enfatizando un tema de las valquirias que asume en plenitud la soprano sueca Elisabet Strid, primera de las tres cantantes que darían vida a Brünnhilde en estos Wagner Days del Müpa, cada una de ellas con una personalidad diferente que, aunque rompen un tanto la continuidad del personaje, se han amoldado pertinentemente a los sucesivos momentos vitales y emocionales de una Brünnhilde que Strid introdujo en escena de forma torrencial, con unos reforzados portamenti que después asumirían, a coro, sus hermanas, confiriendo unidad a las valquirias y una paleta vocal asentada en unas prestaciones técnicas y en unos timbres idóneos en cada una de ellas.
Frente a la impetuosa entrada de Elisabet Strid, una de las más descollantes de este Anillo magiar y que la sitúa en la estela de su compatriota (y valquiria por antonomasia) Birgit Nilsson, el Wotan de Tomasz Konieczny (como ya señalamos en Das Rheingold, uno de los triunfadores de estos Wagner Days) se podría calificar de realista ingenuo y juguetón, frente al realismo burgués de una Atala Schöck nuevamente imperiosa como Fricka, sin asomos de displicencia ante Wotan en su defensa de los vínculos matrimoniales entre Hunding y Sieglinde (a pesar de su retorcido origen). Es un contraste en actitud y presencia vocal que Ádám Fischer vuelve a reforzar desde el foso, con un despliegue firme e imperioso para acompañar a Fricka, mientras que para Brünnhilde, tras su rotunda entrada, va reservando una mayor ternura y levedad: ésa que en las pantallas nos muestra la naturaleza en las montañas que los dioses habitan.
Al igual que en el prólogo del Anillo, Tomasz Konieczny nos vuelve a dejar en Die Walküre un Wotan de delicados sentimientos, cada vez más humano, no sólo en su voz, sino en los gestos del bajo-barítono polaco, progresivamente atribulado al comprobar la merma de su poder ante la complejidad de las circunstancias que lo rodean. La sumisión de Wotan ante la inapelable Fricka de Atala Schöck se corresponde en la escenografía de Schörghofer con la transformación de las montañas en un paisaje de ruinas: intuición del ocaso de los dioses que desborda en la Sinfónica de la Radio Húngara un pasaje orquestal apabullante para acompañar a Wotan en su creciente pesimismo existencial, pasando de un pathos trágico a una mayor distensión al recapitular el argumento de Das Rheingold, muy sutil y prácticamente en parlato por parte de Konieczny, con un comedido acompañamiento de Ádám Fischer en el que la orquesta va lanzando ecos y los leitmotivs que evocan musicalmente lo narrado por Wotan de un modo tan ejemplar.
En un nuevo giro de los muchos y bien traídos que Tomasz Konieczny ha imprimido a su personaje, la renuncia de Wotan, su «das Ende, das Ende!», lo conduce a una abatida desesperación, convertida por el bajo polaco en un abrumador colapso de la voluntad y en un genuino deseo del fin del mundo, dando sentido a las ruinas que en pantalla veíamos al mismo tiempo y llevando Konieczny su Wotan a lo colérico, al cargar en Brünnhilde la frustración acumulada tras su discusión con Fricka, mostrándose ahora en volumen vocal (y en refuerzo por parte de la orquesta) de un modo acongojante. Sus vigilantes cuervos llevarán la escenografía a negro, adentrándonos en un laberinto (de pasiones) al fondo del cual, ya en la tercera escena, nos reencontramos con Siegmund y Sieglinde, para pasar de lo mayestático al amor entre los hermanos welsungos, en un planteamiento en el que Ádám Fischer prefigura lo que sería la inmediata Tristan und Isolde (especialmente, en el cromatismo de cuerdas y maderas), por su unión de erotismo, éxtasis y muerte, algo que los húngaros pueden comprender mejor que en otras lenguas, dado que las palabras ölés (asesinato) y ölelés (abrazo) comparten la misma raíz: antesala del final de Siegmund ya puesta de especial relieve por Fischer al conferir mayor volumen en metal y percusión a la anticipación de la marcha fúnebre de Siegfried, que escuchamos mientras los amantes descansan, volviendo a evidenciar el modo tan entrelazado y compacto en que Fischer ha desarrollado su último Anillo.
La cuarta escena del segundo acto nos vuelve a dejar otro soberbio trabajo vocal de Elisabet Strid, cuya Brünnhilde se convierte en voz del destino, inicialmente (como Erda en Das Rheingold) no visible y desde fuera de escena, en la lejanía de su cueva: otro acierto, por el balance entre planos, del planteamiento acústico desarrollado por Ádám Fischer en el Müpa. Su promesa del Walhall a Siegmund y la renuncia de éste vuelven a mostrar a dos cantantes que redundan en la humanidad de sus personajes, con sus debilidades y anhelos, sabedores, ambos, de lo que sus decisiones les depararán. La quinta escena ha sido descollante, plena de furor orquestal y consolidación del motivo de la muerte, con la renuncia de una implacable Brünnhilde de Elisabet Strid y un duelo entre Bryan Register y Albert Pesendorfer en el que, como en el libreto de la ópera, este último salió victorioso en el Müpa, tanto por prestaciones vocales como por presencia actoral, dejando su Hunding noqueado al Siegmund de Bryan Register. Con un Tomasz Konieczny de nuevo imponente como Wotan colérico, sobreponiéndose incluso a una orquesta en estado de gracia y máxima tensión, concluyó un segundo acto repleto de matices, buen fraseo instrumental y unas voces, en general, apabullantes que nos han dejado unas recreaciones de Wotan, Brünnhilde y Hunding impecables.
El comienzo del tercer acto nos condujo a ese momento estelar por antonomasia que es la Cabalgata de las valquirias, pasaje popular donde los haya de Die Walküre (si tal cosa sigue siendo así hoy), que escuchamos con una orquesta progresivamente inflamada al desarrollar el motivo Walkürenritt y con un octeto de femenino fastuoso, retomando los portamenti ya expuestos por Elisabet Strid en su primera aparición y que sus hermanas convertirán aquí en un festín polifónico en ocho capas de inmaculada perfección técnica y belleza en el timbre que abarca su arco desde las sopranos a la contralto, tan inflamado en el octeto magiar y proyectado soberbiamente por la Sinfónica de la Radio Húngara. Otro pasaje a destacar en esta primera escena es el diálogo entre Brünnhilde y Sieglinde, comprensivo y cálido en ambas cantantes, como emotiva es la petición de clemencia por parte de la valquiria e impresionantes son los diálogos y diferentes estructuraciones polifónicas en el coro de sus hieráticas hermanas.
Infructuoso, resulta todo ello, ante un Wotan que Tomasz Konieczny vuelve a convertir en autoridad implacable en los pasajes en los que se desafía abiertamente su autoridad, imponiéndose a Brünnhilde tanto en voz como en presencia escénica. Ahora bien, el de Konieczny es un Wotan (ya lo señalamos en Das Rheingold) profundamente cambiante en función de cada momento del Anillo y de las relaciones que en sus óperas se establezcan, y al mostrar su cariño a Brünnhilde desborda ternura, pese a la desobediencia de su hija, dejándonos un beso paterno-filial que, como el escritor húngaro Sándor Márai decía en su novela A gyertyák csonkig égnek (El último encuentro, 1942), «es también una respuesta —a su manera distorsionada y tierna— a una pregunta que no se puede formular con palabras».
Tras la tan emotiva y cálida despedida de Wotan a su hija, un Loge encarnado por uno de los demonios-bailarines que ya habíamos visto en Rheingold prendió las llamas que habrían de rodear a Brünnhilde, con su correspondiente correlato visual en la escenografía de Hartmut Schörghofer: danza del fuego que, tras un más inflamado despliegue de maderas y metales, se condujo a un serenísimo final, sin estridencia alguna a nivel musical en su relación con el destino plenamente consciente que cada uno de los personajes había asumido con sus respectivas acciones a lo largo de la ópera, tan bien expuestas por un elenco vocal nuevamente muy equilibrado y compacto, así como premiado por el público que prácticamente volvió a llenar la Sala Nacional de Conciertos Béla Bartók (corazón del Müpa Budapest) con otra prolongada ovación de diez minutos que sonó especialmente atronadora cuando Ádám Fischer subió a escena para acompañar a músicos y bailarines.
Paco Yáñez | 03/07/2026
A production by Hartmut Schörghofer
This recording is part of a complete Ring cycle.



